Ce n'est pas un hommage surfait : le 10 mai 1981, un nouvel espoir naissait. La gauche arrivait enfin au pouvoir et avec elle des idéaux. Je ne suis pas naïve, je sais bien que nous ne sommes pas exempts de fautes et d'erreurs. Ce serait se cacher les yeux.
Mais 81, c'est toute une génération, après mai 68, qui y croyait toujours : oui nous pouvions proposer un autre modèle de société, oui nous pouvions changer les choses, non ce ne serait pas le chaos. D'ailleurs, les socialistes et ceux qui ont gouverné à leurs côtés en ont changé des principes auxquels il ne fallait pas toucher sous peine de semer le désordre.

L'abolition de la peine de mort d'abord, pour ce qu'elle a de symbolique, mais aussi parce que c'est là un des plus grands moments d'éloquence de notre 5e République avec le discours de Robert Badinter, alors Garde des Sceaux, devant l'Assemblée Nationale.
Les minimas sociaux, la décentralisation, des impôts plus justes et mieux répartis sur les citoyens, les droits des femmes, la lutte contre les discriminations et j'en passe...

C'est d'ailleurs amusant de voir que les mêmes arguments de 1981 ont été repris par l'UMP en 2012 : la gauche au pouvoir ç'aurait du être le crach boursier, l'affolement des marchés, la crise mondiale, la crise de l'Europe. C'était les chars russes qui défilaient sur les Champs Elysées.
D'ailleurs Nadine Morano a bien parlé des "drapeaux rouges" et des "drapeaux algériens" sur la place de la Bastille. Ma fille y était et les photos parlent d'elles-mêmes : drapeaux rouges, algériens, marocains, irlandais, uruguayens, portugais, belges et évidemment français, corses, bretons...

Voilà la France telle que je l'aime...