europe

1. Les propos de Nicolas Sarkozy

«On ne peut pas laisser la gestion des flux migratoires entre les seules mains des technocrates et des tribunaux (...) «Si je devais constater que dans les douze mois qui viennent, il n'y avait aucun progrès sérieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu'à ce que les négociations aient abouti»

2. Les accords de Schengen

Ils ont été signés en 1995, et font partie intégrante de l’UE depuis le Traité d ’Amsterdam de 1999. La libre circulation des personnes devient l’article 3 du Traité de l’Union Européenne.

Leur contenu : pas seulement la libre circulation des hommes et des marchandises, mais également la coopération judiciaire et policière (EUROPOL). Concrètement, les accords de Schengen, c’est la suppression des contrôles aux frontières, mais c’est aussi la coopération policière, judiciaire et douanière.

Les pays participants : 22 des 27 membres de l’U.E., sans la Bulgarie, la Roumanie et Chypre.

3. La question de l’immigration

Selon l’INSEE en 2000 (Jospin) : immigration nette : 97 083 en 2010 (Sarkozy) : immigration nette : 188 780

4. Une réforme déjà en cours

Après l’affaire des immigrés clandestins de Lampedusa (Italie), sous la pression de la France, la commission européenne a commencé à réformer les accords en proposant des « entorses » à la libre circulation. Avant : des contrôles aux frontières pouvaient être mis en place pour la sûreté nationale. Aujourd’hui : ils peuvent être mis en place en cas de flux migratoire « fort » et « inattendu » (en cours de négociation)

Pourquoi la réforme est-elle lente ?

Parce que désormais, Schengen fait partie intégrante du traité de l’UE (que Nicolas Sarkozy a fait revoter au Congrès après le NON de 2005). Pour arriver à un accord, il faut donc modifier la constitution européenne, et pour cela arriver à l’unanimité. Or, l’Italie demande que la France prenne d’abord ses responsabilités et applique les accords (elle bloque les immigrés clandestins à la frontière italienne). La France refuse.

Actuellement, c’est la France qui fait s’enliser les négociations.

5. Les conséquences d’une sortie de l’espace Schengen :

Des contrôles aux frontières : Luxembourg, Allemagne, Belgique (Lorraine + de 110 000 travailleurs frontaliers !)

La sortie inévitable de l’UE et de l’Euro : les marchandises ne transiteraient plus librement

La « punition » des autres Etats membres qui imposeraient un boycott des produits français et des travailleurs français (mesures de rétorsion )

La fin de toute coopération policière et judiciaire au niveau européen : problème pour les trafics de drogue par exemple.

C’est l’Europe qu’on assassine. La libre circulation des biens et des personnes est un pilier fondamental de l’Union Européenne. En Lorraine plus qu’ailleurs peut-être, nous mesurons l’importance de l’Europe.